Le manifeste des 313

Nina et Aurélie. Des prénoms comme les autres. Elles pourraient être vos filles, vos sœurs, vos cousines, vos collègues de travail, vos voisines ou même vous. Elles sont des milliers de femmes mais pour elles la justice n’a pas fait son travail. Victimes de tournantes dans leur cité, leurs agresseurs ont été jugés le 11 octobre dernier.  3 semaines de procès pour ces jeunes filles. 3 semaines où elles ont été malmenés, traitées de menteuses, pour aboutir à ce verdict scandaleux : sur les 14 hommes jugés, 10 ont été acquittés et 4 ont été condamnés de 3 ans avec sursis  à 1 an de prison ferme.

1 an de prison ferme pour avoir violé une jeune fille régulièrement pendant des années. Malheureusement, elles ne sont pas les seules : le viol reste un tabou, une honte. Les victimes ont souvent peur de porter plainte et elles attendent parfois des années, portant ce lourd fardeau avec elles. Et quand elles portent plainte, elles sont parfois mal ou peu accompagnés, se sentent coupables et seules dans leur combat.

C’est pour combattre cette injustice que Clémentine Autain (militante d’Osez le féminisme et ancienne porte-parole du Front de gauche) a initié le manifeste des 313 femmes déclarant avoir été violées.

 

Un manifeste important pour toutes les femmes ayant été victimes de viols et nécessaire afin qu’elles ne se sentent plus seules  : « Je pense qu’il faut qu’on se batte collectivement. Ce  »nous’’ est important. Les femmes se sentent enfermées, culpabilisées par  un regard social qui contribue à leur traumatisme. C’est une affaire grave, banale, massive et il faut impérativement le regarder différemment . C’est ce regard social que nous voulons bouger en disant à tout le monde : il n’y a pas de honte. La parole elle libère, la parole elle est libératrice et je pense qu’on peut non seulement survivre mais vivre après un viol à condition de se reconstruire, d’être debout, d’être dans un combat. »

Ce manifeste est directement inspiré par le Manifeste des 343 salopes, écrit  par Simone de Beauvoir et signé par 343 femmes déclarant avoir avorté,  en avril 1971.

 

En France, 75 000 femmes et presque autant d’enfants sont violés chaque année, c’est-à-dire un viol toute les 8 minutes. On estime qu’1 femme sur dix pourra subir un viol au cours de sa vie. Contrairement à la croyance que les violeurs sont principalement des psychopathes tapis dans l’ombre au détour d’une ruelle, 80 % des viols sont commis par un proche (familles, amis ou collègues de travail).

Il est temps que notre société ouvre les yeux et qu’elle garantissent protection et justice pour tous :  « il faut une loi cadre contre les violences pour ajuster la loi sur le plan juridique mais aussi pour déployer des moyens, humains, financiers pour faire tout ce travail d’accompagnement de ceux qui ont à faire à des victimes de viols et pour mener le travail indispensable de pédagogie, d’éducation populaire. »

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