Du sexisme à l’école

« C’est le mari de la maman, sans lui la maman ne pourrait pas avoir d’enfants. C’est le chef de famille parce qu’il protège ses enfants et sa femme. »

Cette définition est la définition du « Père » vue par des élèves de maternelle et de primaire. Elle fait partie d’un ensemble de définitions clichées et sexistes issu du « Dictionnaire des écoliers ».
Ce site internet est une initiative du Ministère de l’Éducation nationale du gouvernement précédent. Réalisé dans le cadre d’un plan de lutte contre l’illettrisme, ce site propose 17 000 définitions rédigées par des élèves de maternelle et de primaire, durant l’année scolaire 2010-2011. Le pire dans ce dictionnaire, c’est que les élèves ont été supervisés par leurs professeurs, qui n’ont rien trouvé à redire à certaines définitions peu égalitaire. Jugez plutôt la définition de la « Femme » : « C’est une maman, une mamie ou une jeune fille.Elle peut porter des bijoux, des jupes et des robes. Elle a de la poitrine.Cette femme va souvent acheter son pain dans la boulangerie de ce village. » Ou  « Mère » : « C’est une femme qui a des enfants. On l’appelle maman ou mamounette. Ma mère repasse les affaires de toute la famille. » L’exemple donné pour le mot « Ménage » est également très caractéristique : « Tous les dimanches, ma maman fait le ménage: elle rend la maison propre« .
A l’heure où j’écris cet article, le site a été fermé par le Ministère, suite à un véritable buzz négatif sur les réseaux sociaux.

Tout ces clichés ne tombent pas du ciel. Alors, la faute à qui ?

  • Aux parents? Les enfants donnent ces définitions par rapport à des situations qu’ils connaissent (c’est la mère qui fait le ménage et pas le père), ou par rapport à ce qu’ils entendent dans leur vie de tous les jours.
  • A l’école? Dans cette exemple, on voit bien que les enseignants n’ont pas fait leur travail et ont même encouragé ce type de cliché. De plus, l’école a maintenant tendance à reproduire les inégalités sociales en son sein. On voit bien que les filles, malgré le fait qu’elles soient meilleures élèves, elles se dirigent plus facilement vers des filières littéraires, de sciences humaines et du social. On ne trouve que 10% de filles dans les filières industrielles, alors qu’elles sont 90% en ST2S (science et technologie de la santé et du social).
  • A la société ? Bien évidemment, nous ne sommes plus dans les années 50 et les femmes ont gagné en indépendance, mais le chemin est encore long pour une plus grande égalité entre homme et femme, surtout au niveau professionnel.Proche de Noël, on voit bien que les publicités incitent encore  les petites filles à jouer à la poupée et les petits garçons à jouer à des jeux de voitures. En plein dans le débat sur l’homoparentalité, la définition du « Père » prouve que les enfants n’ont pas forcément connaissance et ouverture d’esprit vis-à-vis de familles composées différemment de la leur.

La réactivation ce mois-ci par la Ministre du droit des femmes, Najat Ballaud-Belkhacem, du « Comité interministériel aux droits des femmes et à l’égalité des femmes » est un grand pas en avant. Il travaillera en premier lieu sur le sexisme, l’égalité professionnelle et la violence faite aux femmes.
Parmi les grand projets, il y a l’arrivée, au second semestre 2013, dans 5 rectorats,  d’un programme d’une quinzaine d’heure appelé « ABCD de l’égalité. De la maternelle au collège ». L’objectif est d’éduquer les enfants de maternelle au sexisme, à la parité homme/femme, au respect envers l’autre sexe, en collaboration avec les chefs d’établissements et les parents et en partant d’une phrase toute simple « Qu’est ce que le féminin, qu’est ce que le masculin ?« . 2013 sera l’année de l’égalité à l’école.
Une très bonne initiative,  mais qui ne prend pas assez en compte l’influence des parents dans ce domaine.

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