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Yepoda : mon avis honnête sur cette marque K-beauty… pas si coréenne

Vous avez forcément croisé Yepoda. Dans une story d’influenceuse beauté, en publicité entre deux vidéos, ou tout en haut des résultats Google dès que vous tapez « routine coréenne ». La marque est partout — et ce n’est pas un hasard. Je l’observe depuis ses débuts, et j’avoue avoir été happée moi aussi : un univers visuel très abouti, féminin, parfaitement cohérent, qui respire le budget marketing maîtrisé. J’étais convaincue que cette marque allait percéer. Elle a percé.

Mais derrière l’esthétique très « Séoul » se cache une histoire bien plus européenne qu’il n’y paraît. Yepoda se revendique de la K-beauty… alors que son siège est à Berlin et que la marque n’est même pas vendue en Corée. Voici mon décryptage honnête : ce que Yepoda est vraiment, ce que la marque vaut, et comment l’acheter en connaissance de cause.

Yepoda en bref

  • Origine : une marque européenne fondée à Berlin en 2020, pas une marque coréenne historique.
  • Fabrication : les produits sont, eux, bel et bien fabriqués en Corée du Sud.
  • Positionnement : de la K-beauty « traduite » et adaptée aux attentes et à la réglementation européennes.
  • Mon verdict : une marque que j’adore sincèrement — pour son univers comme pour ses produits — à découvrir en toute lucidité, en sachant que, comme partout, tout ne convient pas à tout le monde.

Yepoda, qu’est-ce que c’est exactement ?

Yepoda — qui signifie « jolie » en coréen — est une marque de soins lancée en 2020. Elle compte environ vingt-deux références, logées dans des flacons en verre, à des prix plutôt accessibles, autour de 20 à 30 €. Son discours : proposer une routine d’inspiration coréenne en sept étapes, pensée comme un geste de prévention plutôt que comme une réponse d’urgence.

Sur le plan business, la trajectoire est impressionnante : la marque a annoncé un chiffre d’affaires de 65 millions d’euros en 2024, en hausse de près de 130 % sur un an, avec 85 salariés et une rentabilité atteinte dès son deuxième exercice. Yepoda est aujourd’hui distribuée chez Sephora en Europe et prépare son développement aux États-Unis. Le positionnement est limpide : devenir la porte d’entrée accessible vers la beauté coréenne, pour des Européens un peu perdus devant les routines à dix étapes. Yepoda simplifie, condense et, surtout, traduit.

Une marque « coréenne »… fondée à Berlin

C’est là que se joue toute la nuance. Yepoda n’est pas née à Séoul, mais à Berlin, en avril 2020. La marque a été cofondée par Veronika Strotmann et son époux Sander, lui-même germano-coréen. L’idée leur est venue de leurs voyages dans la famille de Sander en Corée : à chaque retour, leurs proches leur demandaient de rapporter des soins coréens. Une jolie histoire d’origine, parfaitement légitime — mais qui fait de Yepoda une marque européenne inspirée de la K-beauty, et non une marque coréenne.

Soyons précis, parce que c’est l’ADN de ChokoMag : « fabriqué en Corée » et « marque coréenne » sont deux choses différentes. La première décrit un lieu de production. La seconde sous-entend une culture, une histoire et un marché d’origine.

Et disons-le tout de suite, car c’est important : Yepoda ne ment pas. La marque affiche ouvertement son siège berlinois et n’a jamais prétendu posséder un héritage dermatologique coréen vieux de plusieurs décennies. Sur le plan strictement légal, il n’y a rien à redire. Mais le marketing entretient un flou volontaire : un nom à consonance coréenne, des noms de produits qui sonnent asiatiques, une identité visuelle qui évoque les rituels coréens, une « routine K-beauty en sept étapes ». De quoi laisser beaucoup d’acheteurs penser qu’ils achètent une marque coréenne.

Fabriqué en Corée, pensé pour l’Europe

Un point joue clairement en faveur de Yepoda : les produits sont réellement fabriqués en Corée du Sud, par des laboratoires partenaires. La référence à la K-beauty n’est donc pas sortie de nulle part — il y a bien un savoir-faire de fabrication coréen derrière. Mais, on l’a vu, cela ne fait pas pour autant de Yepoda une marque coréenne.

Surtout, les formules sont conçues dès le départ pour les attentes et la réglementation européennes. La marque indique exclure plus de 1 300 ingrédients qu’elle juge controversés, privilégier des formules courtes et un conditionnement en verre. Pour un consommateur européen, c’est honnêtement plutôt rassurant : la réglementation cosmétique de l’Union européenne compte parmi les plus strictes au monde.

Certains produits trahissent même cette adaptation européenne dans leur concept même. Prenez The C-Tox, le masque à l’argile, à la vitamine C et au curcuma, l’un des best-sellers de la marque. Le curcuma est un bon ingrédient, antioxydant, présent dans de nombreuses traditions. Mais dans l’imaginaire collectif, il évoque le « golden latte », l’ayurvéda, le bien-être occidental — bien plus que Séoul. Les ingrédients signatures de la K-beauty historique sont d’un autre ordre : la centella asiatica (la fameuse « cica »), la bave d’escargot, le ginseng, la propolis, l’extrait de riz ou l’armoise. À mon sens, un masque au curcuma est un produit malin pour le marché européen — pas une carte postale de Corée. Rien de choquant : c’est juste révélateur.

Pourquoi vous voyez Yepoda partout

Si vous avez l’impression de voir Yepoda partout, vos yeux ne vous trompent pas. La marque a bâti sa visibilité sur une stratégie marketing exécutée avec une rare précision : des collaborations massives avec des influenceuses beauté ; de l’achat de mots-clés sur Google (lorsque vous cherchez une marque concurrente ou une requête générique, Yepoda apparaît souvent dans les résultats sponsorisés) ; et un univers visuel cohérent, immédiatement identifiable, décliné sur tous les canaux.

Et ça fonctionne — le tout soutenu par des levées de fonds auprès d’investisseurs. En tant qu’observatrice des marques beauté, je trouve cette exécution remarquable, et je tire mon chapeau. Mais il est utile, en tant que consommateur, de garder une chose en tête : l’omniprésence d’une marque mesure son budget marketing, pas la qualité de ses produits. Les deux peuvent aller de pair ; ce n’est pas automatique.

Yepoda, ça vaut le coup ? Mon verdict

Soyons clairs : Yepoda est une marque que j’adore sincèrement. J’aime son univers — cohérent, soigné jusqu’au moindre détail — et j’aime aussi ses produits : des formules lisibles, des textures agréables, des prix raisonnables et un conditionnement en verre que j’apprécie. La marque est par ailleurs transparente sur son siège berlinois. Bref, on est très loin de l’arnaque : c’est une belle marque, et beaucoup de personnes sont sincèrement heureuses de leur routine.

Cela dit, comme pour à peu près toutes les marques, tout ne conviendra pas à tout le monde : tel produit Yepoda sera parfait pour une peau et moins adapté pour une autre. Rien d’anormal — c’est vrai partout. C’est d’ailleurs pour cette raison que je prépare un article dédié, qui passera les produits Yepoda en revue un par un, pour vous dire en toute franchise lesquels je recommande et pour quel type de peau.

Le seul point sur lequel je veux attirer votre attention, c’est le pourquoi de l’achat. Si vous achetez Yepoda parce que vous aimez ses textures, son prix, sa routine simplifiée et son univers visuel : parfait, foncez. Si vous l’achetez convaincu de mettre la main sur un secret venu tout droit de Séoul, alors vous achetez surtout un récit marketing. Achetez Yepoda pour ce que la marque est vraiment : une marque européenne, inspirée de la K-beauty, fabriquée en Corée et adaptée à notre marché. Dit comme ça, c’est déjà une belle proposition.

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FAQ — vos questions sur Yepoda

Yepoda est-elle une marque coréenne ?

Non, pas au sens où on l’entend généralement. Yepoda est une marque européenne, fondée à Berlin en 2020. Elle s’inspire de la K-beauty et fait fabriquer ses produits en Corée du Sud, mais ce n’est pas une marque coréenne historique.

Où sont fabriqués les produits Yepoda ?

Les produits Yepoda sont fabriqués en Corée du Sud, par des laboratoires partenaires. Les formules sont en revanche pensées dès le départ pour les attentes et la réglementation européennes.

Yepoda est-elle vendue en Corée ?

Non. Yepoda cible le marché européen et, plus récemment, américain. La marque n’est pas distribuée ni consommée en Corée, ce qui la distingue nettement des marques coréennes « de l’intérieur ».

Les produits Yepoda valent-ils le coup ?

Pour beaucoup de personnes, oui : des formules correctes et lisibles, des prix raisonnables (environ 20 à 30 €) et un conditionnement soigné. Le bon réflexe reste de choisir un produit pour l’adéquation de sa formule à votre peau, pas pour le récit autour de la marque.

Qui sont les fondateurs de Yepoda ?

Yepoda a été cofondée par Veronika Strotmann et son époux Sander, germano-coréen. Le couple, installé en Allemagne, reste actionnaire majoritaire de la marque.

Yepoda est-elle une marque « clean beauty » ?

C’est ainsi qu’elle se positionne : la marque met en avant l’exclusion de plus de 1 300 ingrédients qu’elle juge controversés, des formules courtes et un conditionnement en verre. L’appellation « clean beauty » n’étant pas encadrée réglementairement, mieux vaut la lire comme un positionnement marketing et vérifier les listes d’ingrédients qui vous importent.

En résumé

Yepoda est une vraie réussite : une marque européenne, née à Berlin, qui a parfaitement compris comment rendre la K-beauty désirable et accessible en Europe. Ses produits sont fabriqués en Corée, ses formules pensées pour notre marché, ses prix raisonnables. Ce n’est pas une marque coréenne au sens où on l’entend généralement — et la connaître pour ce qu’elle est vraiment ne lui enlève rien : cela vous permet simplement d’acheter en toute lucidité. Quelle que soit la marque qui vous attire, le vrai point de départ reste le même : les besoins réels de votre peau. C’est tout l’intérêt de faire le point avec un diagnostic avant de remplir votre panier.

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