LED multispectrales : pourquoi une LED n’est pas une seule longueur d’onde

C’est l’article que je vous promets depuis mes autres guides : celui qui explique pourquoi un masque peut afficher « trois longueurs d’onde » ou 5 couleurs et délivrer pourtant moins d’efficacité qu’un modèle plus simple.

Dans mon article sur le nombre de LED, je vous montrais qu’une « LED » au sens marketing n’est pas toujours un seul point lumineux. Voici l’information réciproque : un point lumineux n’est pas toujours une seule longueur d’onde. Une fois ce mécanisme compris, beaucoup d’arguments marketing tombent d’eux-mêmes.

Le point clé

Une LED multispectrale est un point lumineux capable d’émettre plusieurs longueurs d’onde : parfois toutes en même temps, parfois une seule couleur à la fois selon le programme. Cela permet d’afficher davantage de « LED » et de couleurs sur un même masque.

Un point, plusieurs couleurs

La version la plus simple est la LED « bicœur » (dual-core) : une seule diode qui émet à la fois le rouge (autour de 633 nm) et le proche infrarouge (autour de 830 nm). Mais un point multispectral peut porter n’importe quelles couleurs, pas seulement ces deux-là. C’est très fréquent sur les masques qui proposent des programmes de couleurs — rouge, vert, bleu, jaune, etc. : un même point « quadricœur » peut contenir quatre couleurs, et le masque n’allume que celle utile à un programme donné (un programme vert, ou un programme bleu) ou tout à la fois si c’est le but du masque (exemple: masques avec 3 longueurs d’onde en simultané). L’intérêt marketing est évident — on peut afficher plus de couleurs, ou un nombre de « LED » plus élevé, sans ajouter de points physiques ni de surface.

Le partage du gâteau

Voici ce qui compte vraiment — et tout dépend du fait que les couleurs s’allument ou non en même temps. Un point lumineux délivre une certaine puissance. Si deux ou trois longueurs d’onde s’allument ensemble depuis ce point, sa puissance se partage entre elles : en deux, en trois. C’est l’image du gâteau : plus il y a de convives à table en même temps, plus les parts sont petites.

À titre indicatif : quand plusieurs longueurs d’onde s’allument en même temps depuis un point, à puissance totale égale, chacune reçoit une part plus petite.

Donc si un point émet trois longueurs d’onde en même temps à, disons, 30 mW, chaque bande finit plus faible que sur un point qui concentre toute sa puissance sur une ou deux. Mais l’inverse est vrai aussi : si un masque n’allume qu’une couleur à la fois — comme le font souvent les masques à programmes — alors, pendant une séance d’une seule couleur, cette couleur peut recevoir toute la puissance du point. Le multispectral n’est donc pas un compromis automatique ; c’est l’allumage simultané qui partage le gâteau.

Est-ce un problème ? Seulement à deux conditions

Les LED multispectrales sont une vraie astuce d’ingénierie : elles concentrent plus d’options dans un masque compact et confortable, et pour des zones difficiles d’accès comme le contour de l’œil, c’est un compromis sensé. À mes yeux, ce n’est pas du tout un problème — à deux conditions :

  1. Chaque couleur dispose d’assez de puissance. Que les longueurs d’onde s’allument ensemble ou l’une après l’autre, chaque bande que vous utilisez réellement a besoin d’une dose utile pour agir.
  2. La marque est transparente. Elle devrait publier l’irradiance (mW/cm²) ou l’énergie (joules) par longueur d’onde, et pas seulement un chiffre global. Avec ces données, on peut juger ; sans elles, on devine. (Pourquoi l’irradiance est le chiffre qui compte : puissance et irradiance d’un masque LED.)

Comment lire la fiche technique

Quelques vérifications rapides suffisent à y voir clair :

À vérifier Pourquoi
Points ou longueurs d’onde ? Le nombre de « LED » correspond-il à des points lumineux physiques, ou à des émetteurs de longueurs d’onde ? Les points multispectraux gonflent le second chiffre.
Ensemble ou l’une après l’autre ? Des longueurs d’onde qui s’allument simultanément partagent la puissance du point ; une couleur utilisée seule, dans son propre programme, peut recevoir toute la puissance (mais pas forcément).
Irradiance ou joules par longueur d’onde ? Un chiffre global masque la façon dont la puissance se partage. Chaque bande a besoin d’une dose utile pour agir.
Où sont-ils placés ? Les points multispectraux sont parfois regroupés (exemple certains masques ajoutent une longueur d’onde uniquement autour des yeux et/ou de la  bouche). Le placement et la densité comptent toujours pour la couverture réelle (plus de détails ici).

À retenir

Un masque qui revendique quatre longueurs d’onde n’est pas forcément meilleur qu’un masque qui en propose deux, bien alimentées. « Plus de longueurs d’onde » peut simplement vouloir dire « la même puissance, découpée plus fin ». Jugez un masque sur l’irradiance par longueur d’onde, à la distance réelle d’utilisation, pas sur le nombre de couleurs qu’il peut lister — et considérez une longue liste de longueurs d’onde comme une question à creuser, pas comme une réponse.

Avant d’acheter

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Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une LED multispectrale ?

Un point lumineux capable d’émettre plusieurs longueurs d’onde — et de n’importe quelles couleurs, pas seulement le rouge et l’infrarouge. Une LED « bicœur » en porte deux ; une « quadricœur » peut en contenir quatre (par exemple pour des programmes rouge, vert, bleu et jaune). Un même point physique peut donc être compté comme plusieurs « LED », et il peut allumer ses couleurs ensemble ou l’une après l’autre.

Les LED multispectrales sont-elles moins bonnes ?

Pas par nature. Si les couleurs s’allument l’une après l’autre (comme dans beaucoup de programmes de couleurs), une couleur seule peut recevoir toute la puissance du point. Le partage n’a lieu que lorsque plusieurs longueurs d’onde s’allument ensemble — et même là, c’est très bien si chaque bande reçoit une dose utile. Ce qui compte, c’est l’irradiance ou les joules par longueur d’onde, que les marques devraient publier mais communiquent rarement.

Comment savoir si un masque utilise des LED multispectrales ?

Comparez le nombre de longueurs d’onde au nombre de points lumineux. Si un masque revendique trois ou quatre couleurs avec un nombre de points modeste, certains points sont presque certainement multispectraux. Demandez à la marque l’irradiance par longueur d’onde, à la distance réelle d’utilisation — c’est le chiffre qui dit vraiment ce que votre peau reçoit.

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