Les produits zéro déchets sont-ils vraiment l’avenir de la beauté et des soins cosmétiques ?

A l’heure des cris d’alerte sur l’écologie et l’avenir de la planète, de nombreuses marques se positionnent en sauveurs avec des produits dits zéro déchets, des cosmétiques solides, ou encore des produits rechargeables. Mais est-ce vraiment l’avenir ?

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Le zéro déchet en cosmétique : vers une consommation sans impact écologique

Tendance beauté émergeante de la « Clean Beauty« , le zéro déchet est la promesse d’une consommation plus green, souvent associée à meilleure pour la santé et pour l’environnement, et cette philosophie gagne du terrain.

« Des consommateurs mieux informés ne toléreront plus des déchets flagrants tels que la Grande plaque de déchets du Pacifique, conséquence directe d’années d’abus inconsidérés de plastiques à usage unique », affirme Mintel. Cependant, dans un tel contexte, concentrer les efforts sur la réduction des emballages n’est clairement pas suffisant. Les consommateurs attendront des fabricants et des marques, à tous les stades de la chaîne d’approvisionnement des produits de beauté, des efforts plus ambitieux et une réflexion plus originale.

Du côté des packagings, au delà du simple flacon en plastique recyclé ou biosourcé, les consommateurs recherchent davantage des marques qui encouragent les produits rechargeables, la réutilisation, et le recyclage. C’est le cas par exemple de Mademoiselle Bio et AromaZone qui proposent maintenant des espaces de recharges de flacons dans certaines boutiques, ou encore de la marque Oden qui propose un système de renvoi des packagings en vue de les réutiliser. D’autres marques ont également par le passé lancé des systèmes de collecte de flacons vides, mais la vérité est que pour le moment la remise sur le marché de ces flacons usagers est encore limitée et complexe avec en particulier un gros frein côté hygiène et coûts engendrés par la collecte et le nettoyage de flacons de 2nde main.

Les cosmetiques zéro déchets se présentent alors comme LA solution mondiale à nos problèmes écologiques dans le domaine de la beauté. Mais leur impact sur l’environnement, aussi faible soit-il, est tout de même présent. En effet, aussi légers et sans plastique soit-il, si ses ingrédients viennent de l’autre bout du monde, alors ce produit a un impact plus fort qu’un cosmétique produit avec des ingrédients locaux (parfois pas naturels). Et encore pire : un cosmétique non consommé reste un cosmétique fabriqué pour rien, ayant eu un impact écologique pour sa fabrication et sa vente, et qui en aura encore lorsqu’il s’agira de le jeter parce qu’il est périmé.

Et si finalement on n’était pas en train de toucher du doigt le vrai problème de fond pour l’écologie ?

La surconsommation : un problème de fond non résolu par le ZD

Saviez-vous qu’on gâche plus de 5000 produits de beauté au cours de sa vie ? Seuls 10% des produits sont utilisés entièrement. Or le zéro-déchet n’échappe pas à cette règle. Certes le packaging est écologique, mais une fois dans la salle de bain on peut se rendre compte que le produit n’est pas adapté à nos besoins (ex: manque de sensorialité…). Il finit ainsi au fond du tiroir. Et ça, ce n’est pas très écologique !

Le zéro déchet est donc à mon avis une fausse solution à un problème de fond : la surconsommation. Black Friday, soldes, promotions, codes promos… les occasions sont grandes de se laisser tenter et de craquer pour des produits de beauté dont on ne va pas se mentir, on n’a pas vraiment besoin la plupart du temps.

Les abonnements aux box beauté participent aussi à cette consommation, en nous proposant de recevoir des produits surprises chaque mois. Combien sommes-nous à avoir reçu des produits pas adaptés à notre type de peau, ou finalement dont la sensorialité ne nous a pas convenu ?

Du côté des magasins type parfumeries ou boutiques en ligne, le conseil proposé ne permet pas toujours de faire les bons choix, et même si l’offre zéro déchet et eco-friendly se développe, les achats compulsifs sont encore nombreux, et génèrent eux aussi des produits gâchés.

Certaines opérations marketing comme la campagne Black for Good de Typology essaient de se détacher d’une image trop consumériste et évitent d’inciter à la consommation en refusant de faire des promotions, mais en reversant tout ou partie des bénéfices de la journée à des associations caritatives. Certes le geste est louable et limite probablement la surconsommation liée au black friday, mais cela ne change pas le fait qu’on se trompe 9 fois sur 10 en achetant un cosmétique.

Choisir les bons produits : le futur de la cosmétique

La véritable solution pour la planète serait de limiter les achats inutiles en ciblant mieux les produits à acheter. Dans le soin du visage par exemple, de nombreux diagnostics fleurissent en ligne pour mieux connaître sa peau et s’orienter vers des produits adaptés. On trouve chaussure à son pied bien plus rapidement, en faisant du bien à son portefeuille et à la planète !

C’est face à ce constat que j’ai lancé Skin Cafeine, le premier diagnostic de peau en ligne multi-marques, garanti sans placement produit, afin de recommander les meilleurs produits de beauté selon les besoins de la personne, et qui respecte ses critères de choix personnels (vegan, naturalité, allergies et ingrédients qu’elle souhaite éviter, budget à ne pas dépasser…). C’est vraiment ma plus grande fierté et un projet avec lequel je suis à 100% alignée : jamais je ne vous pousserai à la surconsommation, et jamais je ne vous conseillerai un produit plus cher si le produit parfait pour vous ne vaut que 6€.

D’autres marques ont aussi de belles initiatives et profitent de la période Black Friday pour faire de l’éducation du consommateur. C’est le cas par exemple du groupe DECIEM, qui propose une réduction pendant tout le mois de novembre afin de laisser le temps aux clients de réfléchir à leurs achats et les sensibiliser pour éviter les achats compulstifs. Le véritable jour de black friday, l’ensemble des sites de la marque sont remplacés par un portail permettant d’accéder à des vidéos éducatives sur le skincare : ce jour là, impossible d’acheter, il faut s’éduquer !

En conclusion, le zéro déchet n’est pas une mauvaise philosophie en soi, mais il ne faut pas se focaliser uniquement sur changer ses modes de consommation car le problème est beaucoup plus profond. L’avenir de la cosmétique sera de limiter le gaspillage : consommer moins pour consommer mieux.

 

 

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